----- Aujourd'hui, je suis allé voir ma Mémé. Comme souvent, j'y passe pour faire un petit bonjour, manger un petit gâteau et taper la causette. Elle a 90 ans ma grand-mère. Et je l'aime. Elle garde toute sa tête, même si son corps ne la suit plus. J'adore lui parler, c'est tellement enrichissant. Normalement, je n'y reste pas plus de 20 minutes, histoire de lui faire plaisir. Mais là, j'avais plusieurs questions qui me passaient par la tête. Des questions sur notre passé. Je parle de la Deuxième Guerre mondiale. Elle m'a répondu. J'ai appris des choses. Beaucoup de choses. C'était très émouvant. On lisait sur son visage la mélancolie de ses souvenirs. Elle devait sûrement penser à mon Pépé qui est mort il y a maintenant 3 ans. Il me manque. C'est l'homme le plus formidable que j'ai jamais rencontré. Humble, fier, droit, pieux, généreux, gentil, strict, ce sont les adjectifs qui peuvent le décrire. Sacré homme ! Il me manque tellement. J'en parle peu, mais dès que j'y repense, les larmes coulent. C'est avec lui que j'ai passé tout mes après midi d'enfant. A ses côtés, assis sur un banc, regardant les gens passer. J'aurais aimé pouvoir le garder toute ma vie. Il était un repère pour moi, une personne sûre en qui croire. J'ai beaucoup appris avec lui, les choses simples de la vie, mais tellement essentielles. Tu me manque Pépé. Merci.
-----Ils ont quand même eu une sacrée vie nos anciens. La guerre. Elle m'a avoué qu'ils avaient peur tous les jours. Comment peut on réussir à (sur)vivre en ayant la peur au ventre chaque minute ? C'est bouleversant. Je le savais, bien sûr on étudie tout ça, mais de l'entendre dire par une personne chère, ça fait réfléchir. J'avais besoin de savoir, d'entendre, de comprendre. Elle m'a expliqué. Et maintenant je me sens comme soulagé, vidé d'un poids énorme. Sérieusement, il faut en parler, ce n'est pas lorsqu'ils seront partis qu'il faudra avoir des remords. Faites-le maintenant.
-----Je garderai gravé dans ma mémoire ce moment où Pépé, sur son lit de mort, m'a serré dans ses bras, a pleuré sur mon épaule, où j'ai déversé le plus de larmes possibles.
-----« Mon petit lapin, sois sage ».